Le blog d'André Pfeffer - Page 3

  • Refus d'un débat démocratique pour la gestion de cette crise sanitaire !

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    La Gestion de crise du Conseil d’Etat mériterait un vrai débat démocratique. Malheureusement le Conseil d’Etat, aidé par les Partis gouvernementaux, n’en veulent pas et estiment que le rôle du législatif doit se limiter à approuver « l’état de nécessité » qui permet à l’exécutif d’exercer le plein pouvoir selon l’article 113 de notre Constitution.

    A ce sujet, le Grand Conseil a d’abord mandaté la commission législative pour l’étude et établir un rapport sur «tous les Arrêtés » liés à cet état d’urgence et, le 11 mai dernier, a accordé une pseudo décharge au Conseil d’Etat. Ce vote est clairement problématique, voir trompeur. Sous le titre « décharge pour la gestion de crise », la décision implique uniquement la reconnaissance de « l’état de nécessité » !

    La manière avec laquelle les députés ont travaillé laisse songeur et, surtout, le contenu du rapporteur de majorité de la commission qui ne correspond pas aux travaux effectués !

    Ce document (RD 1339 et R 916) est un condensé de résumés soutenant le Conseil d’Etat et non un compte rendu exact !

    Les vives discussions sur la majorité des quarante Arrêtés ont tout simplement été omises !

    Les prises de position, notamment celle de l’unique commissaire refusant l’approbation de ces Arrêtés a été résumé !

    Il n’y a pratiquement aucune allusion sur des débats relatifs à la gestion de crise ou sur la pertinence ou non des Arrêtés !

    Les députés socialistes, Verts, PDC, PLR et MCG ont évidemment un devoir de fidélité et de soutien envers leur(s) Conseiller(s) d’Etat. Par pure connivence et copinage, l’évaluation de la gestion de crise a été évacuée et le champ d’étude s’est réduit à constater uniquement la situation extraordinaire permettant de diriger avec des mesures d’urgence!

    Cette manœuvre est scandaleuse. Elle permet évidemment d’éviter de parler du manque de leadership et de la mauvaise gestion de notre Conseil d’Etat.

    Pas un mot sur les immenses foules à l’Aéroport, ininterrompus durant deux semaines, malgré l’interdit de tout rassemblement de plus de 100 personnes proclamé par le Conseil d’Etat (Arrêtés No 3). La Migros et Coop s’étaient adaptés en 24 heures et l’Etat de Genève qui avait imposé lui-même cette interdiction l’a ignorée dans un bâtiment qui lui appartient et en est responsable.

    Toutes les autres mesures très contestables ne sont pas évoquées dans ce rapport :

    • L’interdiction du port de masque dans les pharmacies, tout comme pour certains professionnels, tels que les policiers.
    • Une protection à l’aide d’une chaînette et de désinfectant pour les chauffeurs TPG seulement après quatre semaines de confinement.
    • Les voltefaces et rétropédalages liés aux fermetures des chantiers et crèches.
    • Les Arrêtés confus et contradictoires, notamment ceux qui proposent l’exact contraire pour les réunions des Conseils municipaux et des conseils d’administration / de fondation pour les instituts publics.

    L’interdiction des Conseils municipaux est tout particulièrement cocasse ! Durant les travaux de commission, l’Etat nous annonçait qu’il allait renoncer à cette mesure. Le 8 mai, le Conseil d’Etat envoie une sommation (!) à la Présidente du Conseil Municipal de la Ville de Genève pour l’interdiction de six séances ! Le courrier stipule : « les Conseils municipaux sont en principe interdits et pour obtenir une dérogation, il faudrait que les points traités possèdent un intérêt prépondérant autre que celui prévalant pour des objets ordinaires » ! Les conseillers municipaux sont moins nombreux que les députés et prétendre que les comptes et l’organisation du législatif suite aux élections sont des objets ordinaires … relèvent de la bêtise et de la stupidité  (Annexe : copie de la sommation envoyée le 8 mai 2020) !

    De nombreux autres points ont été volontairement radiés. L’absence totale d’un concept du Conseil d’Etat. Genève n’a pas suivi l’exemple positif et largement admis du Conseil Fédéral. Celui-ci a clairement délimité les bénéficiaires, a évalué les coûts de ces interventions et surtout a déterminé le champ de ces actions (aides non remboursables pour les dommages à l’interdiction de travailler, crédits remboursables pour l’effondrement conjoncturel et, dans un premier temps, refus pour supporter l’éventuel changement structurel).

    Le Conseil d’Etat, aidé par les Partis gouvernementaux, a volontairement refusé et empêché tout débat sur la gestion de cette crise.

    Aucune critique, ni au Grand Conseil, ni dans la presse Genevoise !

    Nos média se sont uniquement contentés à rapporter la bonne parole de notre Conseil d’Etat. Entre les Blablabla et les niaiseries interrompus avec les OUI M. Pascal D., effectivement M. Pascal D. Merci M. Pascal D., etc., nous avons eu un spectacle déplorable.

    Cette attitude inacceptable handicape la crédibilité de toute la classe politique.

    André Pfeffer

    Député UDC + rapporteur de minorité des RD 1339 + R 916

    Annexe :

    SOMMATION_CE_Ville de GE.docx

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  • Refus d'un débat démocratique pour la gestion de cette crise !

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    La Gestion de crise du Conseil d’Etat mériterait un vrai débat démocratique. Malheureusement le Conseil d’Etat, aidé par les Partis gouvernementaux, n’en veulent pas et estiment que le rôle du législatif doit se limiter à approuver « l’état de nécessité » qui permet à l’exécutif d’exercer le plein pouvoir selon l’article 113 de notre Constitution.

    A ce sujet, le Grand Conseil a d’abord mandaté la commission législative pour l’étude et établir un rapport sur «tous les Arrêtés » liés à cet état d’urgence et, le 11 mai dernier, a accordé une pseudo décharge au Conseil d’Etat. Ce vote est clairement problématique, voir trompeur. Sous le titre « décharge pour la gestion de crise », la décision implique uniquement la reconnaissance de « l’état de nécessité » !

    La manière avec laquelle les députés ont travaillé laisse songeur et, surtout, le contenu du rapporteur de majorité de la commission qui ne correspond pas aux travaux effectués !

    Ce document (RD 1339 et R 916) est un condensé de résumés soutenant le Conseil d’Etat et non un compte rendu exact !

    Les vives discussions sur la majorité des quarante Arrêtés ont tout simplement été omises !

    Les prises de position, notamment celle de l’unique commissaire refusant l’approbation de ces Arrêtés a été résumé !

    Il n’y a pratiquement aucune allusion sur des débats relatifs à la gestion de crise ou sur la pertinence ou non des Arrêtés !

    Les députés socialistes, Verts, PDC, PLR et MCG ont évidemment un devoir de fidélité et de soutien envers leur(s) Conseiller(s) d’Etat. Par pure connivence et copinage, l’évaluation de la gestion de crise a été évacuée et le champ d’étude s’est réduit à constater uniquement la situation extraordinaire permettant de diriger avec des mesures d’urgence!

    Cette manœuvre est scandaleuse. Elle permet évidemment d’éviter de parler du manque de leadership et de la mauvaise gestion de notre Conseil d’Etat.

    Pas un mot sur les immenses foules à l’Aéroport, ininterrompus durant deux semaines, malgré l’interdit de tout rassemblement de plus de 100 personnes proclamé par le Conseil d’Etat (Arrêtés No 3). La Migros et Coop s’étaient adaptés en 24 heures et l’Etat de Genève qui avait imposé lui-même cette interdiction l’a ignorée dans un bâtiment qui lui appartient et en est responsable.

    Toutes les autres mesures très contestables ne sont pas évoquées dans ce rapport :

    • L’interdiction du port de masque dans les pharmacies, tout comme pour certains professionnels, tels que les policiers.
    • Une protection à l’aide d’une chaînette et de désinfectant pour les chauffeurs TPG seulement après quatre semaines de confinement.
    • Les voltefaces et rétropédalages liés aux fermetures des chantiers et crèches.
    • Les Arrêtés confus et contradictoires, notamment ceux qui proposent l’exact contraire pour les réunions des Conseils municipaux et des conseils d’administration / de fondation pour les instituts publics.

    L’interdiction des Conseils municipaux est tout particulièrement cocasse ! Durant les travaux de commission, l’Etat nous annonçait qu’il allait renoncer à cette mesure. Le 8 mai, le Conseil d’Etat envoie une sommation (!) à la Présidente du Conseil Municipal de la Ville de Genève pour l’interdiction de six séances ! Le courrier stipule : « les Conseils municipaux sont en principe interdits et pour obtenir une dérogation, il faudrait que les points traités possèdent un intérêt prépondérant autre que celui prévalant pour des objets ordinaires » ! Les conseillers municipaux sont moins nombreux que les députés et prétendre que les comptes et l’organisation du législatif suite aux élections sont des objets ordinaires … relèvent de la bêtise et de la stupidité  (Annexe : copie de la sommation envoyée le 8 mai 2020) !

    De nombreux autres points ont été volontairement radiés. L’absence totale d’un concept du Conseil d’Etat. Genève n’a pas suivi l’exemple positif et largement admis du Conseil Fédéral. Celui-ci a clairement délimité les bénéficiaires, a évalué les coûts de ces interventions et surtout a déterminé le champ de ces actions (aides non remboursables pour les dommages à l’interdiction de travailler, crédits remboursables pour l’effondrement conjoncturel et, dans un premier temps, refus pour supporter l’éventuel changement structurel).

    Le Conseil d’Etat, aidé par les Partis gouvernementaux, a volontairement refusé et empêché tout débat sur la gestion de cette crise.

    Aucune critique, ni au Grand Conseil, ni dans la presse Genevoise !

    Nos média se sont uniquement contentés à rapporter la bonne parole de notre Conseil d’Etat. Entre les Blablabla et les niaiseries interrompus avec les OUI M. Pascal D., effectivement M. Pascal D. Merci M. Pascal D., etc., nous avons eu un spectacle déplorable.

    Cette attitude inacceptable handicape la crédibilité de toute la classe politique.

    André Pfeffer

    Député UDC + rapporteur de minorité des RD 1339 + R 916

    Annexe :

    SOMMATION_CE_Ville de GE_PDF.pdf

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  • Voie bilatérale : les Suisses n’auront jamais la paix

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    Texte de : M. François Schaller

    Il y a vingt ans, les Suisses acceptaient les Accords bilatéraux I avec l’Union Européenne à plus de 60% des voix. Le libre accès des Européens au marché suisse du travail était le seul des sept accords à ne pas susciter l’unanimité. Pour faire néanmoins passer cette « libre circulation des personnes », les organisations économiques avaient développé trois arguments fort convaincants. Même l’UDC s’y était ralliée.

    En premier lieu, l’immigration européenne n’allait de toute manière pas dépasser 10 000 personnes par an. Après l’application complète de la libre circulation en 2007, le solde migratoire moyen a pourtant été de 50 000 ressortissants de l’UE chaque année. Il a atteint 32 000 personnes l’an dernier (+3.5% sur un an).

    Ce grand écart n’a rétrospectivement rien d’étonnant. Les phénomènes migratoires sont réputés particulièrement imprévisibles. C’est pour cette raison que la Suisse, très attractive et géo-centrée, n’aurait jamais dû accepter le libre accès des Européens à son marché du travail. D’autant moins qu’elle n’a nullement besoin d’une contrainte de ce genre pour accueillir toutes les compétences et la main d’œuvre qui lui sont nécessaires.

    Le deuxième argument portait sur la voie bilatérale vers l’intégration dans l’UE. L’accord de libre circulation inaugurait cette mécanique en mettant le travail sur le même plan que la libre circulation des capitaux, des biens et des services. Mais les Suisses n’avaient aucun de souci à se faire. Ils pourraient par la suite dire souverainement non à toute nouvelle étape d’intégration. « Et si ça ne va pas, nous pourrons toujours faire un pas en arrière et remettre certaines choses en question », précisait Bernard Koechlin, membre genevois du comité d’Economiesuisse.

    On se rend pleinement compte aujourd’hui qu’il n’est en réalité plus possible de dire non à l’Union Européenne sur quoi que ce soit. Les rétorsions sont immédiates et les menaces de guerre économique se mettent aussitôt à pleuvoir.

    Le troisième argument rappelait sans cesse que l’économie n’aime pas l’incertitude. Avec la voie bilatérale, les entreprises suisses acquéraient la visibilité nécessaire à la conduite des affaires. La Suisse allait ainsi bénéficier de relations stables et apaisées avec l’UE.

    On sait ce qu’il est advenu de cette dramatique illusion. Quelques années plus tard, Bruxelles décidait d’avancer dans l’approfondissement de l’intégration en imposant des discussions sur un accord institutionnel. Les mesures d’accompagnement, obtenues par la gauche en échange de son soutien à la libre circulation en 2000, apparaissaient de surcroît comme non conformes à l’esprit et à la lettre de cette libre circulation en Europe.

    Aujourd’hui, les organisations économiques continuent néanmoins de considérer la voie bilatérale comme synonyme de stabilité. Elles se trompent lourdement. Tant qu’elle voudra se trouver à la fois dans l’UE et en dehors, « avec le beurre et l’argent du beurre », la Suisse sera considérée en Europe comme une profiteuse et une concurrente déloyale. Elle sera méprisée et maltraitée.

    Les pressions et menaces ne cesseront jamais. Et les Suisses continueront de ne plus pouvoir dire non. C’est exactement ce qu’ils ne voulaient pas au départ. Les organisations économiques et les partenaires sociaux non plus d’ailleurs. Et plus on attendra pour rompre avec cette funeste dynamique, plus il sera difficile de s’en extraire.

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